Elles (2011) : Allo maman bobo(s)

Une journaliste parisienne, qui travaille dans un grand magazine féminin, écrit un article sur la prostitution des étudiantes à travers le témoignage de deux jeunes femmes. Dans le même temps, elle doit faire face à ses propres problèmes familiaux …

Juliette Binoche est magnifique, pleine de talent et de grâce. C’est un fait et pourtant, cela ne lui confère pas le pouvoir d’éviter les mauvais scénarii, ni même le cabotinage. Sur un sujet difficile, mais largement abordé depuis quelques années à la télévision, dans la presse, à la radio, la réalisatrice entend brosser le portrait d’une femme confrontée à ses propres démons. Les premiers plans semblent amorcer un film intéressant, construit à travers des flashback qui opposent une journée ordinaire de cette journaliste, et ses interviews d’étudiantes qui se prostituent.

Seulement, le rythme devient bientôt languissant au point d’éteindre définitivement le petit intérêt suscité par la fraicheur d’Anais Demoustier la demi-heure de film atteinte. Le reste n’est que voyeurisme pudique des relations étudiantes/clients, avec des scènes dénuées d’intérêt, et déambulement torturé de Juliette Binoche, on ne peut plus à l’aise dans le rôle d’une bourgeoise perdue.

La réalisatrice se concentre uniquement sur son personnage tourmenté par un mari absent et amateur de porno, et des enfants qu’elle ne contrôle plus, délaissant avec un mépris assez énervant les attachantes étudiantes. Filmer et dénoncer leurs conditions de vie n’est qu’un prétexte malsain à une énième étude sociologique de la bourgeoisie parisienne, exaspérante de pathétique dans ses grands appartements du XVIe arrondissement. A qui peut plaire ce film, sinon à cette catégorie sociale, qui se met en scène à coup de Radio Classique et de produits bio, pleure sur elle à longueur de regards vides et de leçons de morale, en robe de soirée ou en pyjama de soie ? La pudeur de la mise en scène n’est pas cinématographique, elle est inhérente de l’atmosphère qu’elle entend montrer, fade et chiante, élitiste alors qu’elle se voudrait populaire. Une belle leçon de médiocrité, à oublier aussi vite qu’il faudrait revoir Mes chères études, sur le même sujet, traité d’un peu moins haut.

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